Animer la pâte à
modeler ce n'est pas très compliqué, en quelques instants on s'émerveille
devant cette matière qui prend vie à l'écran. Après la première animation
on éprouve très vite le besoin d'aller plus loin, de donner la parole à
ses personnages, de les placer dans un décor.
Véritable amateur au sens de
débutant en matière d'animation, je souhaite dans ces pages vous faire
partager mes trucs et astuces qui vous feront j'espère gagner du temps
dans vos réalisations.
Si après avoir visiter cette rubrique, vous vous
posez encore des questions n'oubliez pas de visiter la rubrique
F.A.Q.
Un film d'animation
est une succession d'images fixes différentes, qui projetées l'une après
l'autre, produisent l'illusion du mouvement.
Dans les grandes lignes, voilà comment j'opère :
1) Prise de vue :
Réalisée image par image avec un appareil numérique. Entre chaque
prise de vue la position du personnage est modifiée. Les images sont
ensuite transférées et stockées sur un micro ordinateur.
2) Assemblage : Réalisation d'un fichier vidéo à partir des images
JPEG de l'appareil. A ce niveau il est possible de mixer plusieurs vidéos,
d'ajouter des images fixes de fond.
3) Montage son : Enregistrement du son et mixage avec le fichier
vidéo. Dans certain cas j'enregistre le son avant la prise de vue pour
connaître la durée exacte des dialogues et faire par la suite le nombre de
photos correspondant.
4) Publication : Export du tout sur VHS via la sortie vidéo du
micro ou enregistrement sur CD au format vidéo CD ou DD pour lire le film
sur un magnétoscope ou lecteur DVD de salon.
N'ayant que peut de
place à la maison, le studio (si on peut appeler cela un studio) se résume
à un espace de 2 mètres carré dans une pièce transformée en atelier.Mes
sujets sont de tailles réduites environ 11 cm de haut et de ce fait le
décor peut être contenu dans une surface de 1 mètre carré.Pour la prise de
vue j'ai bricolé un pied posé sur un morceau de bois, l'ensemble est fixé
au décor par un serre-joint afin de garantir une stabilité maximum.
Petit budget donc éclairage pas top, il est constitué d'une simple ampoule
lumière du jour de 150 Watt.Le flash de l'appareil est toujours inactif et
la balance des blancs à été réglée en photographiant une feuille blanche
sous cet éclairage.
Quelle pâte à
modeler ?
Pour les parties animées j'utilise de la pâte à modeler PATPLUME ou
PLASTICOLOR de chez OMYA à base huile.
L'essentiel c'est de choisir une
pâte qui ne se dilue pas à l'eau et qui ne sèche pas à l'air sinon elle
craquelle. Il faut une pâte malléable qui puisse se déformer au grès des
mouvements du perso.
La pâte FIMO est à cuire au four, je l'utilise pour les objets
fixes (jeux mains, jeux de bouches, pieds, décor), de plus elle peut être peinte.
Attention:Je ne la recommande absolument pas la fimo pour les
parties animée.
La taille des
personnages
En moyenne la hauteur de mes personnages est inférieure à 15 centimètres,
c'est une dimension suffisante pour avoir des détails assez faciles à
réaliser.
De plus cela le permet de construire des décors en proportion et ce sans
squatter tout l'appartement ... (Imaginez la taille d'une maison ou même
simplement d'une pièce avec un personnage de 20 cm de haut).
Si vous réalisez des personnages de taille plus importante, il faut penser
que l'armature (squelette) de vos persos sera plus compliquée à réaliser.
Elle devra être plus solide vous utiliserez plus de pâte à modeler pour
recouvrir le personnage et il sera plus lourd et plus difficile à animer.
La couleur de
peau
Si vous recherchez une couleur précise il faut savoir que la pâte à
modeler à base d'huile se mélange assez facilement. Pour les visages, je
réalise la couleur chaire sur une base de blanc, en y ajoutant un peut de
jaune et une pincée de noir et de rouge.
Lisage et
salissures
Pour lisser la pâte on peut le faire à la main avec des gants de
chirurgien en latex, avec une spatule de sculpteur ou un manche de pinceau
laqué, ou encore un bâton de glace préalablement poncé et huilé. A force
de manipuler votre personnage ce dernier peut se salir, dans ce cas il
suffit de le nettoyer délicatement du bout du doigt ou avec un pinceau
imprégné de produit à vaisselle non coloré et de le rincer à l'eau.
Le corps et
les membres
Mes personnages sont toujours construits autour d’une armature enrobée de
pâte à modeler type plasticine :
-
Soit basique avec une balle de papier enveloppée par du ruban adhésif, les
membres sont des tubes plastiques dans lesquels je passe un fil de fer.
- Soit par une armature en fil torsadé d’aluminium recuit sur laquelle je
place de la fimo pour les membres et je cuis le tout au four. Attention il
est impératif d'utiliser du fil de d’alu recuit, il est plus résistant que
du fil de fer ou de cuivre. (Weber Métaux à Paris voir page de liens)
- Pour les personnages de grande taille (> 20 cm), je fais une armature en
grillage recouvert de papier mâché.
- Dans le cas où il n'y a pas de mouvement important du corps, j’utilise
des corps de poupée en plastique.
Les mains
Le plus facile à réaliser
c’est de faire plusieurs jeux de main en Fimo à remplacer selon les
besoins de l'action, cela permet de ne pas modifier la main elle-même.
Cette technique à l'avantage de ne pas endommager les mains pendant la
manipulation, mais elle ne permet pas au personnage de prendre des objets.
Une autre
solution,
c’est de tout faire en plasticine avec une armature, maintenant cela
dépend de la taille du sujet, si les mains sont petites ce n’est pas
pratique à manipuler.
Plus difficile,
avec de la Fimo et du latex. Il faut faire une armature de
la main, la paume avec du fil électrique, les doits avec du fil de fer
très fin 1/2 mm de diamètre.
Là, 2 solutions :
- Placez dessus de la Fimo, doigts compris. Entaillez au cutter au niveau
des articulations pour que cela puisse bouger et cuire au four.
- Placez de la Fimo seulement sur la paume et cuire au four. Glissez
ensuite de la
gaine de fil électrique sur les doigts.
Enfin, enduire
la main avec du latex préalablement coloré à l'encre de chine; Et le tour
est joué !!!
Les yeux Il y a plusieurs
techniques pour faire des yeux :
- En les réalisant en pâte à modeler ce qui permet facilement de modifier
leurs tailles et leurs formes (ex. Les grossirent pour marquer
l'étonnement).
- A l'aide de perles en plastique blanche du commerce (j'utilise un
marqueur pour la couleur), l'inconvénient est de trouver la perle à
l'échelle du personnage.
- En réalisant la perle avec du plastique à modeler et en les peignant, cela prend plus de temps mais c'est plus
réaliste.
- Avec des yeux de poupées, comme l'exemple ci-contre.
Dans tous les cas pour leurs mouvements une simple aiguille suffit pour
les déplacer. Une bonne idée m'a été communiquée par mail, c'est de placer
du talk dans le logement des yeux afin de faciliter leurs déplacements.
La bouche
Deux techniques, la première consiste à sculpter à chaque consonance le
visage mais c'est vraiment fastidieux, la deuxième consiste à utiliser
plusieurs jeux de bouche que l'on remplace en fonction du dialogue ou des
expressions. Certaines fois je mixe la première
technique avec du morphing entre deux shots c'est bien pratique pour avoir
un mouvement fluide de la bouche sans trop intervenir sur le personnage.
Pour la synchronisation labiale je mesure le temps d'une consonance et je
laisse la forme de bouche correspondante pendant le même temps avant de
passer à la suivante.
Pour placer la bonne forme de bouche il suffit de
lire le dialogue devant une glace et de se regarder.
Miroir
J'ai utilisé un cédérom avec un revêtement
argent que j'ai taillé à la scie métallique et au cutter et le bord est
poncé afin de donner l'illusion de ver dépoli. Seul problème c'est le
reflet de la lumière qui peut donner selon l'orientation du miroir un
reflet type arc-en-ciel.
Papier Peint
Pour que le papier soit à l'échelle des personnages je dessine en premier
un motif. Ce motif est ensuite utilisé comme une paterne de remplissage de
fond page avec un logiciel comme CorelDraw. Ensuite j'imprime une page A4
que j'encolle sur les murs du décor à l'aide de colle à bois diluée dans
le l'eau. Je n'utilise pas de la colle à papier peint car cela fait des
grumeaux visibles à la prise de vue.
Clé
La clé est constituée de fil de fer en laiton sur lequel je soude à
l'étain une rondelle préalablement mise en forme à la lime. Le cache de la
serrure est réalisé dans une plaque de cuivre elle aussi usinée à la main.
C'est un peut long et délicat à réaliser vu la taille des objets (8 mm),
mais le résultat n'en vaut-il pas le coût ?
Carrelage
Toujours avec votre imprimante, il vous suffira de dessiner un motif de carrelage, de le
dupliquer, puis de l'imprimer sur une feuille mat. Dans l’exemple ci-contre j’ai encollé le motif sur du carton
plume. Les tags sont incrustés sous Photoshop via l’option "Produit" des
claques, de façon à laisser visible les bords du carrelage. Vous pouvez
charger le fichier exemple ->
ici en Tiff (basse def) avec les calques sous Phoroshop pour
mieux comprendre. J'ai utilisé ce décors dans la vidéo "Demain
j'arrête".
WC
Le trône est réalisé en pâte à modeler Fimo cuite au four.
Le couvercle ainsi que la chasse d'eau en carton plume blanc. Le tout
légèrement poncé avec du papier de verre et peint à la bombe. La chaînette
c'est simplement une chaîne de porte-clefs avec un clou enfoncé dans la
chasse.
Journal Le journal a été crée sous Word et exporté en PDF, puis retouché sous
photoshop avant d'être imprimé sur un papier épais mat pour éviter les
problèmes de reflet à la prise de vue.
Neige
Le plus simple c’est d’utiliser une bombe pour les décorations de noël. Il faut simplement faire attention au souffle du jet afin de ne pas faire envoler les objets du décor ou encore les couches de neige déjà déposées.
Celle que j’ai utilisée pour ma carte de vœux 2010 se lave à l’eau, bien pratique pour récupérer le personnage, voir le décor si il n'est pas en carton comme le mien.
Le seul problème c’est qu’elle à tendance à jaunir au bout d’une journée, donc il faut prévoir de shooter assez rapidement la scène, ou rajouter de la bombe de temps en temps.
Décors
extérieurs
Une solution simple et rapide c'est d'imprimer une photo avec une
imprimante jet d'encre et de la placer derrière le sujet. L'impression est
faite sur un papier couché aspect mat au format A4. Ici le personnage est placé
directement sur la feuille de papier pour meilleure intégration dans
l'image, évidemment dans ce cas il n'est pas possible de déplacer le
personnage d'avant en en arrière, seul les mouvements droit et gauche sont
possibles. Enfin si j'avais du faire ce décor à la main, j'aurais renoncé
vu la complexité.
On peut aussi
faire une vidéo du perso seul sur un fond bleu, et la montée
informatiquement sur l'image qui représente le décor, un peut comme un
calque sous Photoshop (voir rubrique " Technique du fond bleu").
La prise de
vue
Le matériel
J’ai toujours utilisé un appareil photo numérique, depuis 2003 ils ont bien évolués en terme de résolution et d’optique. L'arrivée de USB2 et la montée en puissance des ordinateurs ont aussi quelque peut changé ma façon d'opérer pour la prise de vue et le transfert des photos sur l’ordinateur.
Au début j’utilisais des compacts Epson PhotoPC : 2 et 3 mégas pixels, puis un bridge Leica Digilux2 en 5 MP, et depuis 2007 un reflex Pentax K10D en 10 MP. Un point commun à tous ces appareils, c’est qu’ils sont débrayables, ainsi je peux régler vitesse, ouverture, le type de mesure de la lumière (spot, matricielle, etc.) et la sensibilité afin d’obtenir des images correctement exposées.
Le bridge et le reflex m’ont apporté la possibilité de régler manuellement le zoom et la mise au point. Ainsi j’ai une netteté constante quelque soit la position du sujet photographié, ce qui est plus difficile à maîtriser avec des autofocus.
Autre point important avec les deux derniers models, c’est qu’il peuvent être pilotés par ordinateur. Ainsi je n’ai pas dans le film des images qui tremblent suite aux problèmes de bougé quand on appuie sur le déclencheur.
Prise de vue avec le Pentax :
Généralement je shoot en Jpeg en 10 MP (3872 x 2592 pixels), ce qui est largement suffisant pour le format PAL (720 x576) d’une télévision et même pour de la TV HD (1920x1080). Avec 10 MP cela me permet de cadrer plus large et ensuite de retailler l'image selon les besoins tout en conservant une image correcte. L’appareil est connecté en USB2 à mon PC, je ne règle que le zoom et la mise au point sur le boîtier, tous les autres réglages (vitesse, ouverture, mesure lumière, etc.) sont ajustés via le logiciel du Pentax (Pentax Remote Assistant). Évidement le flash est a bannir dans ce cas de figure si on ne veut pas avoir une image surexposée.
Le transfert
Le déclenchement est lancé directement à partir du PC (bouton vert de l'image de droite) et le transfert des images se fait très rapidement fait par la liaison USB2.
Comme le Pentax est un reflex sans live view, l'image affichée n'apparaît qu'après le shoot et donc il n'y a pas de possibilité de d'onion skin (voir plus bas). Le logiciel stocke les photos sur le disque dur en les numérotant dans l'ordre croissant ce qui est particulièrement pratique pour le montage ultérieur.
Nombres de
photos
Pour du PAL et du NSTC il faut respectivement 25 et 30 images par seconde,
soit 1500 ou 1800 photos pour une minute. En fait en travaillant à 12 ou
15 images par secondes cela est suffisant, j'ai lu que la majorité des
scènes de Wallace et Grommit était réalisées à 15 images (Ouf ! plus que
900 photos pour une minute de film). Maintenant à 25 c'est mieux cela
garantie une fluidité maximum, c'est avec cette cadence que j'ai réalisé
l'animation des danseurs sur la musique de BOWIE. Pour la synchronisation
labiale, si le sujet ne bouge pas quand il parle, je ne fais qu'une photo
par consonance. (Ex : WHOHA = 2 photos).
L'exemple ci-dessous montre une vidéo (27 images) répétée à 3 vitesse
différentes : 6 , 12 et 24 images secondes.
Si
votre film est saccadé c'est qu'il manque des photos entre les prises. Il
ne reste plus qu'à refaire les prises de vues manquantes, et ce n'est pas
toujours évident de repositionner les personnages exactement là où il faut
dans l'action. Une solution consiste à utiliser un logiciel de morphing
qui fera la transition entre deux photos.
Pour obtenir une
bonne fluidité, il est essentiel que déplacement du sujet ne soit pas
trop important entre 2 photos. Pour m'aider dans la réalisation, j'ai fait
une petite application en FLASH MX qui permet de comparer visuellement la
position du sujet en superposant 2 photos par transparence.
Principe
d'utilisation1. La sortie vidéo de mon APN est connectée sur l'entrée
vidéo de mon PC. 2. Je shoot avec l'APN puis je fige l'image dans
OnionSkin.3. Je déplace le sujet et vérifie le mouvement sur l'image de
droite, quand c'est ok, je shoot avec l'APN et ainsi de suite…
OnionSkin n'est
pas là pour enregistrer les images mais seulement pour visualiser les
mouvements, ce que j'utilise pour l'animation au final c'est le shoot en
haute définition de l'APN.
Job d'hier :
Cette fonction me permet de reprendre le travail laisser en plan en
comparant une image bitmap de la veille à l'image en live. L'image doit
être nommée ONIONSKIN.JPEG et être placée dans le même dossier que
l'application. Play Vidéo : Pour vérifier qu'une petite séquence est bien
fluide.
Pour intégrer un
personnage dans un décor extérieur, j'utilise la technique du fond bleu.
Cette technique est aussi pratique pour dissocier la prise de vue de
sujets présents sur une même scène. Je l'ai notamment utilisée dans BOWIE
où les 3 personnages ont été photographiés séparément avant de mixer les 3
vidéos sur un fond de neige.Elle consiste à prendre les photos sur un fond
bleu et en faire une vidéo, puis de superposer cette vidéo à une image
fixe ou une autre vidéo, la couleur bleu étant discriminée par le logiciel
de montage (ex: Adobe After Effect).La limite du système c'est que le
personnage ne doit pas contenir de couleur proche de la couleur du fond
sinon elle disparaît aussi.
Matériel :Pour le fond bleu (ou autre couleur ) je prends soit des chemises
cartonnées, soit des feuilles A3 type Canson, ou encore un tissu bien
repassé. Si la surface du fond n'est pas homogène en terme de grain, il
suffit de l'éloignée du sujet et faire la mise au point sur le sujet,
ainsi il y aura un flou sur le fond qui le lissera à la prise de vue. Par
contre il faut que le fond soit bien homogène en terme de couleur et
d'éclairage.
Réalisation
du fichier vidéo
A partir des photos numérotées je réalise des fichiers AVI non compressés
généralement d'une durée de 5 à 15 secondes. Pour ce faire j'utilise un
super shareware que j'ai trouvé sur le NET : " Fast Movie Processor 1.44
". (La dernière version s'appelle VideoMach, et c'est maintenant une
version d'évaluation limitée dans le temps, maintenant il est très facile
de trouver sur le net la version 1.44 de FMP ). Il permet de tailler et de ré-échantillonner les images, d'appliquer des filtres et de définir la
cadence du film en image par seconde, de plus il fait cela très vite.
Suite à de nombreuses demandes, j'ai réalisé un petit tutorial sur FMP. Il est
disponible
ici au format PDF .
Le montage
son et vidéo
J'utilise le logiciel MGI VideoWave II pour assembler les différents AVI
et les fichiers sons. Le choix de MGI VideoWave n'a pas été déterminé par
des critères objectifs, mais je l'utilise car il etait livré avec ma carte
vidéo ATI, par ailleurs il est simple d'emploi et assez convivial. Un
autre soft pour l'instant gratuit c'est VirtualDub essayez le c'est pas
mal du tout . Maintenant si vous en avez les moyens le Best c'est d'avoir
le couple de chez Adobe : Première pour le montage et AfterEffects pour
les effets.